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Sabena (Faillite)

Le dernier vol fut opéré le 7 novembre 2001 entre Abidjan (Côte d'Ivoire), Cotonou (Bénin) et Bruxelles, par cet Airbus A340-300 immatriculé OO-SCZ.

 

La Sabena, acronyme pour Société anonyme belge d'exploitation de la navigation aérienne, était la compagnie aérienne nationale belge (Code AITA : SN ; code OACI : SAB), fondée le 23 mai 1923 et déclarée en faillite le 7 novembre 2001.

À cette date, elle constituait l'une des plus anciennes compagnies aériennes, juste derrière KLM et Avianca, créées en 1919. C'est également la plus grosse faillite de l'histoire du Royaume, le groupe Sabena employant à l'époque autour de 13 000 personnes.

La société fut divisée en filiales dans les années 1980 et certaines d'entre elles existent toujours, comme la Sabena Technics.

 

Après la Seconde guerre mondiale, la compagnie se renomme « Sabena Belgian World Airlines » et développe son réseau de destinations en véritable porte drapeau de la Belgique à l'étranger. La compagnie nationale ne cesse d'étendre son réseau sur les quatre continents, avec un accent particulier pour les liaisons africaines (Léopoldville (Kinshasa), Dakar, Entebbe, Douala, Kano, etc.) qui ont constitué sa marque de référence et une part très importante de son marché en plus de la ligne Bruxelles-New-York. Lors des événements liés à l'indépendance du Congo belge (le 30 juin 1960), la Sabena aura notamment le rôle de rapatrier de nombreux belges vers la métropole. Les nouveaux Boeing 707 s'illustrèrent tout particulièrement lors de cette opération en embarquant souvent bien plus de passagers que légalement autorisé9. La « perte » du Congo fut un tournant dans l'histoire de la compagnie qui, bien qu'elle développât par la suite un réseau long courrier africain particulièrement étendu, dut abandonner ses lignes intérieures congolaises au profit de nouvelles compagnies locales.

L'Asie restera toujours le maillon faible du réseau. À part Tokyo et l'Inde la compagnie n'a pas développé de réseau sur ce continent. La compagnie entre dans l'ère des moteurs à réaction avec la Caravelle, le Boeing 707, suivi du Boeing 747 et du DC-10. Le 1er décembre 1965, elle passa commande d'options pour deux Concorde pour sa ligne vers New-York11. Mais le projet fut abandonné en 1973.

Le 15 février 1961, la Sabena connait le pire crash de son histoire lorsque le vol Sabena 548 s'écrase peu avant son atterrissage près de Berg, dans la province du Brabant flamand, faisant 75 tués.

En 1976 de nombreux Comoriens de Madagascar furent rapatriés par la compagnie belge après les émeutes à Mahajanga.

 

Restructuration et dernières années
À la suite des pertes financières récurrentes de la compagnie, l’État belge prit la décision de se désinvestir progressivement de la Sabena et donc de la rendre rentable et autonome, afin de ne plus avoir à éponger ses dettes. Le ministre des communications de l'époque, Herman De Croo et le nouveau directeur général fraichement nommé, Carlos Van Rafelghem lancent alors une série de réformes, visant notamment à diminuer le personnel et les coûts. Le but est de se détacher petit à petit du partenariat public-privé et de donner à la Sabena un modèle de management moderne et pérenne, capable de s'adapter aux nouvelles problématiques de l'époque, comme le premier choc pétrolier ou la limitation des aides des États aux sociétés privée imposées par les traités de l'Union européenne.

En 1990, la compagnie se dote d'un nouveau nom, « Sabena World Airlines », et de nouvelles couleurs sont alors introduites. C'est également la période où sont entamées les premières expériences d'alliances avec d'autres compagnies aériennes afin de créer un groupe plus important et solide économiquement. Après plusieurs échecs, notamment avec Scandinavian Airlines ou Air France, une alliance est finalement conclue avec Swissair le 4 mai 1995, regroupant les deux compagnies sous la holding suisse SAirGroup. Cette alliance scellera le sort de la Sabena par de nombreuses décisions qui se révèleront néfastes, comme l'achat de 34 Airbus à la demande de la Swissair dans le but d'harmoniser la flotte des deux compagnies, au détriment de la flotte américaine historique de la compagnie belge, composée majoritairement de Boeing et de MacDonnell Douglas. Les DC-10 sont alors remplacés par des Airbus A330 et les Boeing 747 par des Airbus A340. Ces décisions ont notamment été pointées du doigt lors du procès de la faillite de la Sabena, lorsque le tribunal de commerce de Bruxelles déclara la Swissair comme principal responsable de la faillite de la compagnie belge.

 

Faillite

La Sabena était l'une des plus anciennes compagnies aériennes du monde lors de sa faillite en 2001.

Le dernier vol fut opéré le 7 novembre 2001 entre Abidjan (Côte d'Ivoire), Cotonou (Bénin) et Bruxelles, par cet Airbus A340-300 immatriculé OO-SCZ.

En 1995, sous la houlette du ministre Elio Di Rupo, le gouvernement belge cède 49,5 % du capital de la Sabena à la SAirGroup, holding suisse propriétaire de la Swissair et d'autres compagnies rachetées dans le but de créer un grand groupe de compagnies aériennes européennes, parmi elles TAP, AOM ou encore Air Liberté. Le réseau d'alliance et de fidélité nommé « Qualiflyer » est alors créé pour l'ensemble de ces sociétés et leurs passagers.

En dépit des nombreux efforts pour redresser la situation économique de la Sabena, en réalisant des coupes budgétaires et en termes de ressources humaines, l'entreprise sera incapable de résorber ses dettes. La faillite sera annoncée par Ferdinand Chaffart, président du conseil d'administration de la compagnie lors d'un conseil d'entreprise aux syndicats le 6 novembre 2001. La faillite sera officiellement proclamée le 7 novembre 2001 par le tribunal de commerce de Bruxelles, dans la foulée de la faillite de la Swissair, son principal partenaire et actionnaire, un mois auparavant.

Le dernier vol (SN690) fut opéré le 7 novembre 2001 entre Abidjan (Côte d'Ivoire), Cotonou (Bénin) et Bruxelles, par un Airbus A340-300 immatriculé OO-SCZ qui se posa à 11 h 5 avec à son bord 266 passagers et 11 membres d'équipage. Symboliquement l'appareil fut arrosé par les pompiers de l'aéroport et, une fois immobilisé, une partie du personnel encercla l'avion en se tenant par la main.

C'est encore à ce jour la plus grosse faillite de l'histoire de la Belgique, touchant les 8 029 employés de la société Sabena SA et les plus de 13 000 personnes du groupe Sabena

 

Nombre d'avions avant la faillite de novembre 2001
Type d'avion En service En commande Notes
Piper PA-32 Saratoga 301R HP   /  
Piper PA-34 Seneca V 220T   /  
De Havilland Canada Dash 8 / Deux seront repris par SN Brussels Airlines
MD-11 2 /  
Airbus A330-200 6 /  
Airbus A330-300 5 3 Les cinq avions seront repris par SN Brussels Airlines
Airbus A340-300 18 4  
Airbus A319 22 12 Quatorze seront repris par SN Brussels Airlines
Airbus A320 6 /  
Airbus A321 4 /  
Boeing 737-300 /-500 10 / Trois seront repris par SN Brussels Airlines
Boeing 747-300 3 /  
BAe146-200 / Avro RJ100 /-85   /  
Total 90 19

 

Boeing 737-200 Sabena  en 1985.

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